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Naissance d'une passion !

Dernière mise à jour : 12 juin

Siméon.


La colombophilie est une passion et une passion ça ne s’explique pas, ça se vit.

Une réflexion qui peut sembler simpliste mais qui, probablement, résume au mieux l’attachement que le colombophile peut avoir envers ses pigeons.

Quant à savoir la manière dont peut naître une passion, c’est un débat qui pourrait prendre des années sans que l’on puisse pour autant en trouver la réponse.

C’est un peu ce que je me suis dit il y a quelques semaines lorsque j’ai été contacté par une dame que je ne connaissais pas. Elle avait eu mes coordonnées par l’une de ses amies et avait en quelque sorte lancé un appel vers moi, un peu comme on lance une bouteille à la mer.

C’est en creusant un peu que la surprise s’est installée.

Ainsi, son fils Siméon, puisque c’est de lui qu’il s’agit,

travaillait sa maman au corps depuis un bon bout de temps afin de pouvoir devenir colombophile, rien que ça.

Pas une personne dans son entourage ne possédait de pigeons et voilà que ce petit bout d’homme se découvre une passion pour cet oiseau.

Apprendre que non seulement il habitait mon village natal,

mais en plus la maison où je suis né complétait le tableau de ce qui tend vers l’incroyable.

Peut-être, me suis-je dit, que dans cette maison règne une atmosphère particulière qui agit sur le subconscient de ceux qui y habitent afin de les attirer vers la colombophilie…

Quand on ajoute à cela le fait que ma sœur a longtemps habité cette demeure et que l’un de ses fils prit part également aux concours de pigeons, il faut bien se rendre à l’évidence que ce n’est plus vraiment une histoire faite de hasards.

Toujours est-il que cette maman attentive aux désirs de ses enfants, même lorsqu’il s’agit d’une histoire aussi dingue que celle de vouloir jouer aux pigeons, est débarquée chez moi avec son fils sous le bras, une manière comme une autre d’écrire qu’elle est venue me rendre visite.

J’ai trouvé la démarche courageuse, surtout lorsque l’on sait le temps qu’une telle passion peut demander.

Et, pour moi qui ai toujours veillé à promouvoir mon hobby que je considère plutôt comme un art de vivre, voir débarquer ce petit bonhomme en quête de savoir fut un réel plaisir.

Là où j’avais échoué à transmettre ma passion à mes propres fils, j’étais à présent dans la capacité de le faire avec un gamin que je ne connaissais même pas. C’est sans doute ici que le mot passion prend toute sa signification. Bien entendu que j’ai emmené mes propres garçons aux colombiers. Bien entendu que je les ai mis en présence du miracle de la naissance d’un pigeonneau. Et bien entendu que j’ai espéré secrètement qu’ils finissent par s’y intéresser.

Mais la sauce n’a pas pris et j’ai toujours été d’avis que l’on n’impose pas sa passion, on essaie de la partager tout en la glissant le plus harmonieusement possible dans sa vie de famille.

Mais, surtout, on ne l’impose pas. Les goûts des uns ne rencontrent pas forcément ceux des autres et si personne de ma famille ne prendra la relève colombophile, cela ne me dérange absolument pas, c’est simplement qu’ils ont d’autres centres d’intérêt et c’est très bien ainsi.

J’ai ainsi éduqué une dizaine de jeunes afin de les rendre familiers et de faire en sorte que Siméon puisse les nourrir et prendre du plaisir à leur contact.

Je lui ai également appris à baguer les jeunes et il se souvient très bien du numéro de son premier bagué.

Le samedi, lorsque cela arrange tout le monde, sa maman l’amène à la maison et on passe une partie de l’après-midi ensemble. On pense également à aller raconter notre passion commune, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, à sa classe en leur expliquant le mystère du pigeon voyageur.

Bref, des projets se dessinent et on va laisser le temps faire son œuvre afin de voir jusqu’où ils vont nous mener.

Peut-être que cette passion lui sortira de la tête, ce dont je doute quand même puisque j’ai l’impression de me revoir à son âge avec toute cette hargne que je déployais alors afin de me construire mon premier colombier.

Dernièrement, sa maman l’a pris en photo alors que l’on procédait au nourrissage des jeunes. Cette photo porte en elle-même un incroyable symbole où l’on peut voir la main de l’aîné tendue vers son jeune ami, un peu comme si elle accomplissait le geste de transmettre la passion pour le pigeon à celui qui veut apprendre.

La colombophilie a, pour ainsi l’écrire, toujours fait partie de mon existence.

Elle a été faite de moments de joies intenses et d’autres moins heureux. J’ai cependant toujours choisi de donner la priorité à ceux m’ayant égayé l’esprit et le cœur et ces petits moments passés en compagnie de mon jeune ami y trouvent pleinement leur place.


Jean-Philippe Delmarle.

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